Cher rédacteur en chef,

Fidèle à ses habitudes, l'éditorial publié par Stabroek News (SN, samedi 31 août 2024) regorge d'hyperboles et de réprimandes, reflétant une profonde incompréhension de l'annonce du président Irfaan Ali de supprimer les péages sur les ponts clés.

Tout en s’accrochant, dans ce cas, à une rhétorique creuse de consultation et de prospective stratégique, l’éditorial s’aligne sur le récit de l’opposition, tout en ne parvenant pas à apprécier les impératifs socio-économiques plus vastes en jeu.

L'annonce du président est emblématique d'un gouvernement qui s'efforce d'alléger le fardeau de ses citoyens tout en optimisant les ressources budgétaires. Il s'agit d'une pratique prudente observée à l'échelle mondiale dans les pays qui ont bénéficié de recettes exceptionnelles.

Il est particulièrement ironique, et même contradictoire, que l’un des journaux locaux – une publication dont les pages éditoriales et les lettres ont été remplies d’appels au gouvernement pour qu’il fasse davantage pour alléger le coût de la vie – semble maintenant snober l’initiative même qui répond directement à ces préoccupations publiques.

Pendant des mois, le journal a cherché à mettre en lumière les luttes quotidiennes des citoyens et amplifié les demandes pour que le gouvernement intervienne de manière significative pour réduire les pressions économiques ; pourtant, dans un revirement déconcertant, l'éditorial semble rejeter les ponts gratuits, une mesure qui réduit directement les dépenses quotidiennes des usagers, comme étant sans conséquence.
Cette incohérence révèle une dissonance entre la position du document et les avantages pratiques de l’accès gratuit pour le consommateur moyen, ce qui facilite la mobilité et réduit la pression financière sur les ménages.

La capacité à financer des biens publics sans frais d’utilisation directs n’est pas un signe d’irresponsabilité budgétaire, mais une démonstration de la capacité souveraine à utiliser les ressources pour le bien public au sens large. Cela correspond aux pratiques observées dans des pays comme les Émirats arabes unis, où l’accès gratuit à certaines infrastructures reflète la volonté d’un gouvernement d’améliorer le bien-être public sans recourir immédiatement à des taxes régressives.

L’éditorial omet de reconnaître que les coûts d’entretien et d’exploitation de ces ponts, autrefois prohibitifs, peuvent désormais être couverts sans problème grâce à l’utilisation stratégique du Fonds des ressources naturelles. Cela libère les citoyens du fardeau financier des péages, tout en faisant progresser les infrastructures publiques.

Les Guyanais comprennent que la suppression des péages n’est pas une décision politique isolée, mais fait partie d’un continuum d’efforts visant à réduire les obstacles à la mobilité, à améliorer la participation économique et à favoriser une plus grande connectivité, avec le potentiel de réformes similaires dans d’autres secteurs des transports, dans la mesure où les ressources nationales le permettent.

Bien que l’éditorial déplore que les déplacements gratuits ne soulageraient pas les pressions générales sur le coût de la vie auxquelles sont confrontés les ménages, il passe à côté du point fondamental selon lequel cette politique n’est qu’un élément d’une stratégie socio-économique plus large visant à améliorer les revenus disponibles, à réduire les coûts indirects et à favoriser un environnement économique plus accessible.

L’argument selon lequel ces économies ne profiteraient pas aux consommateurs est spéculatif et ne tient pas compte des effets multiplicateurs potentiels de la réduction des coûts de transport sur les opérations commerciales, la logistique et la dynamique du marché ; qui, au fil du temps, peuvent effectivement avoir un impact positif sur les finances des ménages.

Les gouvernements ne sont pas tenus de respecter des doctrines budgétaires statiques, mais sont plutôt chargés de la responsabilité permanente de s’adapter aux besoins de leurs citoyens, notamment en période de transition économique.

La décision du gouvernement de supprimer les péages sur les principaux ponts est une initiative tournée vers l’avenir qui incarne l’engagement du gouvernement à utiliser les ressources nationales au bénéfice direct de ses citoyens, reflétant une vision progressiste qui transcende les contraintes de l’élaboration des politiques conventionnelles.

Plutôt que d’être décriée comme un pari politique imprudent, la gratuité des péages devrait être reconnue comme un déploiement judicieux de la richesse de notre nation, conçu pour alléger les fardeaux, améliorer la connectivité et, en fin de compte, nous conduire, en tant que peuple, vers un avenir plus équitable et plus prospère.

Sincèrement,
Ryan Newton

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