VOIR CI-DESSOUS UN MESSAGE DU MINISTRE DE L’AGRICULTURE, ZULFIKAR MUSTAPHA, SUR :
Journée internationale pour la conservation de l’écosystème des mangroves
26 juillet 2026

Alors que le Guyana se joint à la communauté internationale pour célébrer la Journée internationale pour la conservation de l’écosystème des mangroves, je souhaite commencer par reconnaître le service discret et essentiel que fournissent nos mangroves. Ils se dressent entre nos communautés et l’Atlantique, retenant la boue, adoucissant les vagues et offrant aux jeunes poissons, oiseaux et crabes des endroits où se nourrir et s’abriter. Nous les croisons souvent sans prévenir, mais ils continuent quand même leur travail, pour nous.
Pour une nation côtière de basse altitude, ce travail silencieux est indispensable. Les mangroves sont en partie un bouclier vert, en partie une pépinière et en partie un entrepôt de carbone. Ils soutiennent la pêche et les moyens de subsistance côtiers, abritent la faune et stabilisent les rivages vulnérables. Sans eux, notre côte serait de moins en moins capable de faire face au changement climatique. C’est pourquoi la protection des mangroves s’inscrit naturellement dans la stratégie de développement à faibles émissions de carbone du Guyana à l’horizon 2030.
Le gouvernement du Guyana a soutenu cet accord par des investissements. Ces dernières années, près d’un milliard de dollars GYD ont été investis dans la gestion et la restauration des mangroves. Onze (11) projets d’infrastructures vert-gris ont été achevés dans les régions 2, 4 et 5, bénéficiant à plus de 11 000 personnes. Ce ne sont pas des chiffres abstraits. Ils parlent de rivages plus sûrs à proximité des habitations, des fermes, des routes et des endroits où les gens gagnent leur vie.
La dernière cartographie nationale raconte une histoire pleine d’espoir, mais pas simple. L’étendue des mangroves est passée de 19 616 hectares en 2020 à 25 644 hectares en 2025, soit un gain net de 6 028 hectares, soit environ 31 pour cent.
Des gains globaux ont été enregistrés dans les régions 1, 3, 4, 5 et 6. La région 2 a évolué dans l’autre sens, passant de 4 966 hectares à 3 567 hectares, soit une perte de 1 399 hectares. Le total national est également passé de 24 517 hectares en 2023 à 22 799 hectares en 2024 avant de remonter en 2025. Bonne nouvelle dans l’ensemble ? Oui. Une raison pour se mettre à l’aise ? Non. La côte change, et notre vigilance doit évoluer avec elle.
C’est pourquoi le travail mené par l’Institut national de recherche et de vulgarisation agricole (NAREI), en collaboration avec le Réseau d’action pour la gestion des mangroves, est si important. La science, l’ingénierie, les politiques et les connaissances communautaires doivent dialoguer. Grâce au système d’information sur les mangroves de Guyane, GuyMIS, nous pouvons suivre les changements et guider la restauration avec plus de soin. Toutes les pertes ne sont pas évidentes au bord de la route. Parfois, c’est la carte qui raconte l’histoire en premier.
Une bouteille en plastique coincée entre les racines d’une mangrove peut sembler une petite chose. Pourtant, cela nous rappelle une vérité plus vaste : celle de ce que nous rejetons, de la distance parcourue et de ce que notre littoral est appelé à supporter.
Et voici la partie inconfortable. Nous pouvons investir dans des épis, des brise-lames, des plantations et des contrôles, mais si les déchets sont poussés dans les égouts, les canaux, les kokers et les voies navigables, nous travaillons contre nous-mêmes.
Les déchets rejetés à l’intérieur des terres ne disparaissent pas simplement. Ça voyage. Il atteint la côte. Il s’installe parmi les racines. Nous ne pouvons pas sortir du problème du dumping. Évaluation côtière 2026 : des déchets visibles ont été enregistrés dans 53 des 60 sites évalués dans les régions 2 à 6. Des emballages en plastique étaient présents dans 51 des 53 sites touchés.
Les chiffres peuvent sembler lointains jusqu’à ce que l’on imagine ce qu’ils signifient : un récipient de nourriture coincé autour d’un jeune plant, un sac en plastique se déplaçant avec la marée, un appareil cassé abandonné au bord d’un cours d’eau. Les déchets peuvent étouffer les jeunes mangroves, obstruer l’écoulement de l’eau, blesser la faune et réduire la qualité des habitats des poissons et des oiseaux. Les canalisations bouchées peuvent également aggraver les inondations locales. Et, tout simplement, aucune communauté ne devrait avoir à accepter un littoral traité comme une décharge.
Que peut faire un ménage ? Beaucoup. Utiliser des services d’élimination agréés. Sécurisez les sacs et les poubelles. Gardez les déchets hors des égouts et des cours d’eau. Réduisez autant que possible les plastiques à usage unique. Cela semble simple et, en réalité, ça l’est. Mais de simples habitudes, répétées chaque jour, changent ce qui finit par atteindre l’océan.
Les entreprises doivent gérer leurs déchets de manière responsable. Les communautés, les écoles et les autorités locales peuvent organiser des nettoyages, renforcer l’éducation du public et signaler les déversements illégaux. Et oui, la marée transporte les déchets d’un endroit à un autre. Mais les marées ne créent pas nos habitudes d’élimination. Cette partie nous appartient.
Le gouvernement continuera de soutenir la restauration, la surveillance des côtes, l’éducation environnementale et les partenariats communautaires. Nous continuerons à travailler avec les agences compétentes et les parties prenantes locales pour améliorer la gestion des déchets et renforcer l’entretien des zones de mangrove. Ce travail appartient à nous tous, et ce n’est pas une excuse pour disperser les responsabilités au point que personne ne le ressente. Chaque personne, chaque entreprise et chaque agence a une part.
La prochaine fois que nous passerons une bouteille dans un égout ou un sac coincé dans une racine de mangrove, nous ne devrions pas voir le problème de quelqu’un d’autre. Nous devrions voir un choix encore à faire. Nos mangroves protègent notre côte. Nos choix doivent protéger nos mangroves.
Nos mangroves. Notre côte. Notre avenir.
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