Les meubles importés continuent de dominer le marché intérieur du Guyana, fournissant environ 70 pour cent de la demande, même si le pays possède d’importantes ressources en bois dans un secteur de la construction en expansion rapide.
C’est ce que révèle le rapport annuel 2025 de la Guyana Manufacturing and Services Association (GMSA), qui révèle que « le marché intérieur du meuble reste largement dépendant des importations, les importations étant estimées répondre à environ 70 % de la demande, tandis que les producteurs locaux fournissent les 30 % restants ».
Le rapport identifie le déséquilibre comme un problème structurel clé au sein du secteur de la fabrication du bois à valeur ajoutée.
Les données contenues dans le rapport montrent que les importations de meubles ont considérablement augmenté au cours des dernières années, mettant en évidence la dépendance croissante à l’égard des produits étrangers.
« Les données sur les importations indiquent que les importations de meubles sont passées d’environ 10 millions de dollars en 2020 à plus de 20 millions de dollars en 2023 », note le rapport, soulignant un doublement des dépenses d’importation sur une période relativement courte.
Combinée à la production locale, « la demande annuelle totale de meubles est estimée à environ 32 millions de dollars américains », illustrant la taille du marché intérieur et les opportunités potentielles pour les fabricants locaux.
L’augmentation de la demande de meubles est étroitement liée à l’expansion continue du logement et des infrastructures en Guyane.
35 000 maisons en 5 ans
Selon le rapport, « au cours des cinq dernières années (2020-2025), environ 35 000 maisons ont été construites ou initiées dans le cadre du programme national de logement », augmentant considérablement la demande d’ameublement et de produits de finition intérieure.
Ce niveau d’activité a exercé une pression supplémentaire sur les chaînes d’approvisionnement, créant des opportunités à la fois pour les producteurs locaux et les importateurs.
Au-delà du logement, le rapport met en évidence la demande générée par les développements commerciaux et hôteliers, notant que « le secteur hôtelier devrait ajouter plus de 2 500 chambres d’hôtel », augmentant encore le besoin en mobilier contractuel, en aménagement de bureaux et en décoration intérieure.
Les dépenses en infrastructures publiques ont également contribué à la demande, avec « plus de 40 millions de dollars de dépenses entre 2023 et 2025 » pour des projets nécessitant du mobilier, des accessoires et des produits de finition.
Malgré ces conditions favorables, le rapport indique que les fabricants locaux n’ont pas réussi à s’assurer une part dominante du marché.
« Malgré les ressources en bois du Guyana, le marché intérieur du meuble reste largement dépendant des importations », indique le rapport, soulignant le décalage entre la disponibilité des matières premières et la production de produits finis.
Le secteur forestier du Guyana constitue une base solide pour la fabrication de meubles, mais des défis subsistent pour transformer le bois brut en produits finis de haute qualité et à des prix compétitifs.
Le rapport suggère que les limitations en matière d’échelle de production, de normes de finition, de conception et de compétitivité globale continuent de gêner les fabricants locaux par rapport aux alternatives importées.
Dans le but de renforcer le secteur, des mesures fiscales récentes ont été introduites pour améliorer la compétitivité des meubles fabriqués localement.
Le rapport note que « les récents changements de politique, y compris la suppression de la TVA sur les meubles fabriqués localement, peuvent également affecter la compétitivité des prix des producteurs nationaux par rapport aux importations ».
Cette mesure devrait réduire le coût des meubles produits localement, les rendant ainsi plus attractifs pour les consommateurs et les promoteurs.
De plus, les acteurs de l’industrie ont proposé d’augmenter les achats publics de meubles fabriqués localement comme moyen de soutenir les producteurs nationaux et de stimuler la croissance du secteur.
Le rapport identifie l’industrie du meuble comme un domaine clé pour la substitution des importations, compte tenu de la base de ressources naturelles du pays et de l’augmentation de la demande intérieure. Les importations représentant actuellement la majorité de l’offre du marché, les fabricants locaux disposent d’une marge considérable pour augmenter leur production et conquérir une plus grande part du marché.
L’expansion du secteur pourrait également générer des opportunités d’emploi, en particulier dans les communautés dépendantes de la forêt, tout en conservant une plus grande valeur économique au sein du pays.
Pour y parvenir, le rapport souligne la nécessité d’une approche plus intégrée de la fabrication, comprenant des améliorations des processus de production, des capacités de conception et des systèmes de distribution.
Il souligne l’importance de renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis l’extraction et la transformation du bois jusqu’à la fabrication du produit final et la distribution au détail, afin de concurrencer efficacement les produits importés.
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