Face à des défis qui en auraient dissuadé beaucoup, deux femmes extraordinaires, Jean Hanoman et Franka Thomas, ont adopté l’éducation dans les dernières étapes de la vie, prouvant ainsi que l’âge n’est pas un obstacle à la croissance et à l’apprentissage. Alors que l'Université de Guyane se prépare pour ses cérémonies de remise des diplômes de 2024, ces femmes remarquables obtiendront leur diplôme avec distinction dans leur programme d'études – Jean avec un baccalauréat en relations internationales et Franka avec un baccalauréat en gestion publique, toutes deux de la Faculté. des Sciences Sociales.
Pour Jean, une femme d'une soixantaine d'années, poursuivre des études a suscité des réactions mitigées de la part des gens, pour la plupart décourageantes. « Es-tu fou? » » les gens ont demandé. « A ton âge? » Mais Jean considérait l’enseignement supérieur comme bien plus qu’un simple épanouissement personnel ; c’était un triomphe symbolique sur des siècles de répression. En réfléchissant aux luttes des femmes qui se sont vu refuser le droit à l’éducation, elle déclare : « Les larmes et les sacrifices de nos grands-mères et de nos mères nous ont ouvert la voie pour que nous puissions nous tenir debout, fières et autonomes. » Sa décision de fréquenter l’université représente un défi à l’égard des attentes sociétales selon lesquelles l’apprentissage est une quête réservée uniquement aux jeunes.
De la même manière, Franka a entrepris son parcours universitaire avec en toile de fond d’énormes défis personnels. Perdre sa mère à l'âge de deux ans, abandonner ses études secondaires et devenir mère de quatre enfants n'ont pas éteint ses rêves. « Ce n'est pas où vous commencez qui compte, mais où vous finissez qui compte », a déclaré Franka.
Réseaux de soutien et orientation universitaire
Jean et Franka ont trouvé des systèmes de soutien cruciaux dans leur parcours éducatif. Pour Jean, les encouragements des professeurs compatissants de l’Université de Guyane ont été essentiels. « L’âge n’a jamais été remarqué. Lorsque je l'ai testé une fois, la réponse que j'ai obtenue a été : « Nous appartenons tous au même groupe d'âge ici : entre dix-huit et quatre-vingts ans. » Jean remercie certains conférenciers, tels que le Dr Coreen Jacobs, Mme Queenella Cameron et d'autres, pour leur implication personnelle, en disant : « Ce n’étaient pas seulement des enseignants ; c'étaient des mentors qui appelaient après les cours, remarquaient nos difficultés et nous motivaient à persévérer.
Pour Franka, la vie universitaire a d’abord été désorientante. Naviguer sur le campus, se déplacer entre les salles de classe et appréhender de nouveaux concepts l'a poussée à ses limites. Mais sa foi en Dieu et la camaraderie de ses amis et camarades de classe l’ont aidée à trouver sa place. Lorsque la tragédie a frappé – perdre son frère, son père et son fils en peu de temps – Franka s'est appuyée sur les membres du groupe de soutien qui sont intervenus lorsqu'elle n'était pas en mesure d'accomplir ses tâches. « L'empathie de mes camarades de groupe m'a portée à travers les moments où je voulais arrêter », se souvient-elle.
Surmonter l'adversité avec courage et foi
Le retour de Jean à l'école n'était pas seulement une ambition personnelle ; c'était une déclaration sur le pouvoir transformateur de l'éducation. « Nous nous définissons par notre capacité à nous adapter, à persévérer et à dépasser les limites que la société nous impose », déclare-t-elle. Son parcours nous rappelle que même dans un monde toujours aux prises avec les inégalités entre les sexes, les femmes peuvent tracer leur chemin grâce à leur seule volonté et résilience.
L'histoire de Franka résonne profondément chez tous ceux qui ont fait face à des pertes et à des difficultés. Malgré un immense chagrin et des difficultés professionnelles, elle a persévéré. « J'ai pensé à interrompre mes études, mais je savais que je devais les terminer », dit-elle. Sa foi en Dieu et les encouragements de son plus jeune fils l’ont soutenue. Dans un moment de triomphe doux-amer, elle a appris qu'elle avait été nommée sur la liste d'honneur du doyen. «Je ne savais pas que malgré ma douleur, j'avais obtenu un tel honneur», se souvient-elle avec gratitude.
Inspirer les autres à rêver grand
Les deux femmes sont des exemples vivants de ce que signifie considérer l’éducation comme une force de transformation. Jean exhorte les femmes à se rappeler que le progrès n’est pas garanti : il nécessite une action et un plaidoyer continus. « Le diplôme que vous obtenez aujourd’hui n’est pas seulement une réussite personnelle », dit-elle. « Cela symbolise les progrès réalisés par ceux qui ont combattu avant nous et nous rappelle le travail qui nous attend encore. »
Franka partage un message similaire : « Si je peux le faire, vous aussi ! N'abandonnez jamais vos rêves car les rêves deviennent réalité. Avec la foi, la prière et le soutien de nos proches, nous pouvons surmonter n’importe quelle difficulté. Son parcours d’abandon scolaire à diplômé universitaire, réussi avec distinction, témoigne du pouvoir de la persévérance et de la détermination.
Une célébration du triomphe
Leurs histoires montrent que l’éducation n’est pas limitée par l’âge ou les circonstances. C’est une clé qui ouvre des portes et ouvre de nouvelles possibilités, même à ceux qui pensaient avoir raté leur chance. En célébrant leurs réalisations, Jean et Franka nous rappellent que la poursuite du savoir n'a pas de date d'expiration. Qu'il s'agisse de concilier la maternité, le deuil ou le doute sociétal, ils démontrent que le succès ne se définit pas par la rapidité avec laquelle on y parvient mais par le courage de persister.
À travers leurs voyages, nous voyons comment l'Université de Guyane offre non seulement des opportunités académiques, mais favorise également la résilience, entretient les amitiés et fournit une base permettant aux étudiants de s'épanouir. (Article du Département des événements, des conférences et de la communication (DECC), Bureau du vice-chancelier, Université de Guyane)
