La Haute Cour s’est prononcée aujourd’hui contre la pratique de la Guyana Revenue Authority (GRA) consistant à exiger des remigrants qu’ils fournissent une preuve de l’origine de leurs fonds avant d’accorder des allégements fiscaux sur les véhicules. Une décision similaire avait été rendue par la juge en chef de l’époque, Roxane George, en décembre 2024.

La décision d’aujourd’hui a été rendue par le juge Sherdel Isaacs-Marcus dans une affaire intentée par la rémigrante Bibi Mohamed contre GRA ainsi que le commissaire général Godfrey Statia.

Le tribunal a estimé que les actions de la GRA en refusant à Mohamed les exonérations fiscales auxquelles elle avait droit étaient « arbitraires, ultra vires, déraisonnables, irrationnelles, injustes, un abus de pouvoir, fantaisistes, capricieuses et sans aucun fondement ni autorité légale ».

Le juge Isaacs-Marcus a accordé plusieurs déclarations et mesures coercitives, notamment des ordonnances de certiorari annulant la décision de la GRA et des mandamus obligeant l’autorité à agir légalement.

Le tribunal a également accordé à Mohamed des dépens d’un montant de 600 000 $, que la GRA a été condamnée à payer au plus tard le 27 mars 2026.

Mohamed était considérée comme une remigrante par le ministre des Affaires étrangères depuis le 5 avril 2024. Son avocat, Siand Dhurjon, a fait valoir au tribunal que cela lui donnait automatiquement droit à des exonérations de douanes, d’accises et de taxes sur la valeur ajoutée lors de l’importation d’un véhicule de son choix.

L’avocat a soutenu qu’une fois ce statut accordé, le rôle de la GRA est purement administratif : traiter et donner effet aux concessions prévues par la loi.

La loi douanière exige que les exonérations fiscales soient utilisées dans les six mois suivant le retour au pays.

Cependant, le tribunal a été informé que la GRA avait retardé la demande d’exonération fiscale en exigeant des relevés bancaires, des déclarations de revenus et d’autres informations sur la « source de financement » à au moins trois reprises.

L’avocat de Mohamed a fait valoir que la loi n’exige aucun document de ce type avant d’accorder des concessions au rémigrant. Néanmoins, certaines des informations demandées ont été soumises.

L’avocat a noté que les agents de la GRA ont ensuite interrogé sa cliente sur les documents relatifs à l’origine de ses fonds en octobre 2025. Selon des documents judiciaires, ce n’est que près de sept mois plus tard, le 2 avril 2025, que Gavin Low, le sous-commissaire de la GRA, lui a écrit et lui a dit que la GRA avait dû refuser ses exonérations fiscales parce que trop de temps s’était écoulé.

Dans ses déclarations sous serment devant le tribunal, la GRA a affirmé qu’elle avait le pouvoir d’imposer des exigences supplémentaires avant d’accorder des exemptions et de rechercher des informations sur les sources de financement en vertu de la législation anti-blanchiment d’argent.

Mais la Haute Cour a déclaré que le requérant avait légalement droit aux exemptions conformément à la loi et que les exigences imposées par la GRA étaient arbitraires, ultra vires, déraisonnables, irrationnelles, injustes, constituaient un abus de pouvoir, fantaisistes, capricieuses et sans aucun fondement ni autorité juridique.

Le tribunal a également rendu des ordonnances de mandamus obligeant la GRA à approuver toutes les exonérations de douane, d’accise et de taxe sur la valeur ajoutée applicables en faveur de la requérante dans les quatorze jours suivant la fourniture d’un devis pour un véhicule de son choix, et à prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour dédouaner et libérer le véhicule après paiement des taxes qui lui sont dûment applicables en tant que remigrante.


Découvrez-en davantage sur INews Guyane

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles envoyés à votre adresse e-mail.

Tapez votre email…








A lire également