Le gouvernement envisage d'introduire des bracelets électroniques aux chevilles comme alternative de surveillance pour les délinquants à faible risque, selon le ministre de l'Intérieur Oneidge Walrond.

« Nous prévoyons un programme pilote dans lequel les détenus évalués à faible risque pourront travailler à l'extérieur de la prison, qu'il s'agisse de construire des canalisations ou d'autres travaux communautaires. Ils auront un emploi rémunéré, gagnant de l'argent pour eux-mêmes et leurs familles, tout en portant des bracelets aux chevilles afin que nous puissions les surveiller. Cette approche permet aux détenus de rester actifs, d'être fiers de leur travail et de se préparer à la vie à l'extérieur, sans compromettre leur sécurité », a-t-elle révélé lors d'un entretien exclusif avec cette publication.

Le ministre a souligné que cette initiative s'inscrirait dans une vision plus large, axée sur la réadaptation des détenus.

« En fin de compte, ce que nous voulons, c'est une refonte totale du système pénitentiaire. Nous ne sommes pas là pour fabriquer des animaux. Lorsque les prisonniers partent, ils doivent être des membres productifs de la société. Cela nécessite une volonté politique, mais c'est possible, et c'est le moyen de sauver les hommes dont notre pays a tant besoin », a souligné le ministre.

Actuellement, plus de 90 pour cent de la population carcérale sont des hommes.

Selon Walrond, l'une de ses principales priorités pour ce mandat figure l'adoption d'une nouvelle loi sur les prisons, qui garantira que davantage de programmes pénitentiaires soient conçus pour soutenir la réadaptation, l'apprentissage et la réduction de la récidive.

Elle a souligné qu’il ne suffit pas de simplement libérer les prisonniers à la fin de leur peine sans leur donner les moyens de réintégrer la société :

« Il est essentiel d'avoir des programmes pendant qu'ils sont en prison. Nous avons besoin d'un système de mérite actif où le bon comportement est récompensé, qu'il s'agisse de fréquenter l'école, de suivre une formation dans un métier, de passer des examens CXC ou d'obtenir des bourses. Lorsqu'ils quittent la prison, il devrait y avoir un soutien structuré, garantissant qu'ils sont bien intégrés dans les communautés et activement suivis pendant la période de transition », a-t-elle noté.

Le ministre Walrond a également réitéré l'importance d'aborder les questions sociales dès le début.
Soulignant l'aspect social, elle a également souligné le problème croissant du désengagement des garçons de l'éducation.

Environ 80 pour cent des diplômés universitaires sont des femmes, a-t-elle noté, indiquant que de nombreux garçons ne sont pas connectés aux systèmes d'apprentissage traditionnels. Cette déconnexion les rend souvent plus vulnérables aux influences et pressions sociales négatives, a noté le ministre.

Selon le ministre Walrond, les garçons qui ne s'engagent pas sur le plan scolaire se voient souvent confrontés à des opportunités limitées, ce qui peut contribuer à des problèmes sociaux plus vastes, notamment la criminalité et l'incarcération.

« En commençant par les garçons, nous devons reconnaître les défis auxquels sont confrontés nos jeunes hommes et nos jeunes garçons. L'approche doit s'attaquer aux problèmes sociaux et avoir un fondement juridique dans lequel le système pénitentiaire a pour mandat de traiter les prisonniers comme des individus capables de devenir des citoyens productifs », a-t-elle déclaré.


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