Le Premier ministre, le brigadier (à la retraite) Mark Phillips, a souligné la nécessité urgente d’une coopération birégionale renforcée pour faire face au changement climatique, à l’insécurité alimentaire et à la criminalité transnationale, lors de son discours au IVe Sommet de la CELACEU, convoqué dimanche à Santa Marta, en Colombie.
La réunion a réuni les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) et de l’Union européenne pour approfondir leur partenariat et faire avancer des réponses communes aux défis mondiaux affectant les deux régions.
Lors de son allocution, le Premier ministre a souligné que malgré la distance géographique, la CELAC et les États membres de l’UE sont inextricablement liés par des menaces communes et des valeurs partagées.
« Le Guyana considère que le partenariat actuel de la CELACEU, fondé sur des valeurs partagées – la démocratie, l’État de droit, le respect de la Charte des Nations Unies et du droit international – fournit un cadre suffisant pour une coopération renforcée pour résoudre les problèmes mondiaux qui sont au cœur de nos efforts collectifs pour engendrer la paix, le développement durable et la pleine jouissance des droits de l’homme et des libertés fondamentales par tous nos peuples. »
Il a souligné que le monde se trouve à la croisée des chemins, en proie à de multiples crises, et a souligné l’impératif de susciter un multilatéralisme renouvelé adapté à l’époque contemporaine.
Le Premier ministre Phillips a identifié le changement climatique comme la première préoccupation majeure. Il l’a décrit comme « une menace existentielle aux proportions graves et croissantes ». Il a également évoqué les récents dégâts causés par l’ouragan Melissa en Jamaïque, en Haïti, à Cuba et aux Bahamas, soulignant la solidarité du Guyana avec les pays touchés et son soutien tangible aux efforts de secours et de redressement.
Le Premier ministre Phillips a souligné que les petits États restent vulnérables aux impacts climatiques et a attiré l’attention sur le besoin urgent d’un espace budgétaire et d’un accès au financement climatique pour une adaptation efficace et un renforcement de la résilience. Il s’est en outre dit préoccupé par le fait que trop d’engagements au titre de l’Accord de Paris et des accords ultérieurs restent non tenus malgré l’urgence croissante. À cette fin, a-t-il déclaré : « Il est impératif de redoubler d’efforts pour maintenir la température de 1,5 degré Celsius à portée de main. »
Soulignant la réponse nationale du Guyana, il a expliqué que la Stratégie de développement à faibles émissions de carbone du Guyana (LCDS 2030) guide sa poursuite de la gestion économique et environnementale à travers des stratégies d’atténuation proactives et des solutions durables. Le Premier ministre a souligné les investissements dans les infrastructures énergétiques améliorées, notamment le gaz naturel comme moyen de s’éloigner du fioul lourd, ainsi que l’hydroélectricité, l’énergie solaire, l’énergie éolienne et la biomasse, afin de garantir un accès universel à une énergie abordable, fiable et durable.
Il a fait écho à l’appel lancé par Son Excellence le Président Dr Irfaan Ali lors de la COP30 à Belém, au Brésil, en faveur d’une transition énergétique juste dans le cadre de la réponse mondiale au climat.
L’insécurité alimentaire a également été soulignée par le Premier ministre Phillips comme une préoccupation majeure pour l’Amérique latine et les Caraïbes, avec un appel renouvelé à transformer les systèmes alimentaires mondiaux pour les rendre plus résilients, durables et équitables grâce au renforcement de la production locale et régionale et à l’atténuation de la volatilité des marchés.
« La CARICOM a répondu en faisant avancer un programme de systèmes agroalimentaires de la CARICOM, que le Guyana a l’honneur de diriger. Nous visons à moderniser le secteur agroalimentaire régional, à améliorer la production d’aliments de qualité à des prix abordables, à éliminer la faim et à promouvoir la sécurité alimentaire et nutritionnelle régionale. Nous restons ouverts aux partenariats qui renforceraient notre capacité à réaliser ces ambitions. »
Abordant les défis sécuritaires, le Premier ministre a averti que la montée de la criminalité transnationale en Amérique latine et dans les Caraïbes constitue une grave menace pour la gouvernance, la stabilité et le développement. Il a souligné que seule une action régionale et internationale véritablement unie peut permettre aux pays de faire face efficacement à ce défi croissant.
« Développer une résilience et une capacité de réponse adéquates et renforcer notre sécurité collective doivent être une cause commune pour tous les États membres, fondée sur le respect mutuel et notre intérêt collectif. »
Il a également souligné le ferme engagement du Guyana en faveur du maintien de l’Amérique latine et des Caraïbes en tant que zone de paix et en faveur du renforcement des partenariats visant à renforcer la sécurité régionale.
En ce qui concerne l’avenir de la coopération birégionale, il a exprimé l’espoir que des programmes tels que le portail mondial de l’UE et l’alliance numérique permettront une plus grande coopération en réponse aux priorités nationales. Il a salué la feuille de route 2025-2027 comme un instrument clé dans la mise en œuvre des domaines de coopération convenus.
En conclusion, le Premier ministre Phillips a souligné l’engagement du Guyana envers le processus de partenariat CELACEU et à faire avancer l’agenda commun en vue d’élargir les opportunités pour tous.
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