Voir la déclaration complète du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale :
Le gouvernement de la République coopérative du Guyana a pris note du communiqué publié par la République bolivarienne du Venezuela en date du 11 mars 2026, qui prétend s’opposer à la décision du Guyana de faire avancer un programme d’exploration sismique multi-clients tridimensionnel dans la zone économique exclusive (ZEE) du Guyana. La Guyane rejette catégoriquement les affirmations qui y sont contenues, qui sont juridiquement infondées, inexactes et totalement incompatibles avec les principes établis du droit international.
Le ministère souhaite rappeler au gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela que le gouvernement du Guyana a le pouvoir d’autoriser toute activité dans les zones maritimes rattachées au territoire côtier du Guyana, telles que définies par la sentence arbitrale de 1899, qui a établi la frontière entre la Guyane britannique et le Venezuela. Dans ces zones maritimes, le Guyana jouit d’une souveraineté jusqu’à 12 milles marins dans la mer territoriale et de droits souverains au-delà de 12 milles marins dans la zone économique exclusive et sur le plateau continental. Les zones maritimes dans lesquelles l’étude sismique sera menée se situent sans équivoque dans la zone économique exclusive et le plateau continental du Guyana, sur lesquels le Guyana exerce des droits souverains. Ces droits incluent le pouvoir exclusif d’explorer, d’exploiter, de conserver et de gérer les ressources naturelles relevant de sa juridiction maritime. En tant que telle, la décision du Guyana de faciliter l’acquisition de données sismiques à haute résolution grâce à une étude sismique multi-clients 3D représente un exercice légitime et licite de ses droits et est entièrement conforme au droit international et à la pratique établie des États.
Le gouvernement souligne en outre que l’initiative d’acquisition sismique fait partie d’une stratégie nationale plus large du Guyana visant à renforcer la compréhension scientifique de son bassin pétrolier offshore, à accroître la transparence dans la gestion des ressources et à améliorer l’attractivité du territoire offshore du Guyana pour les investisseurs internationaux responsables. Le programme utilisera des techniques géophysiques avancées pour générer des images souterraines à haute résolution qui soutiennent la planification de l’exploration et renforcent la gouvernance à long terme du secteur énergétique offshore du Guyana.
En conséquence, le Guyana rejette fermement la tentative du Venezuela de qualifier ces activités licites de « zones maritimes non délimitées ». De telles affirmations constituent une déformation délibérée des réalités géographiques et juridiques régissant la juridiction maritime du Guyana. Le gouvernement du Guyana a toujours exercé une administration et une juridiction pacifiques sur ses espaces maritimes, y compris en matière d’autorisation et de réglementation des activités d’exploration offshore. Ces actions sont entreprises en stricte conformité avec le droit international et en tenant dûment compte des droits et privilèges des autres États.
Il convient de rappeler que lorsque la frontière entre les deux États a été définitivement fixée il y a plus d’un siècle par la sentence arbitrale de 1899, le Venezuela a accepté et bénéficié de ce règlement et de la sécurité juridique qu’il offrait. Cette sentence a définitivement fixé la frontière territoriale et a permis aux deux États d’exercer tous les droits et avantages découlant de leurs territoires et projections maritimes respectifs. Il est donc particulièrement incongru que le Venezuela, qui a historiquement bénéficié de la stabilité et de la clarté juridique apportées par ce règlement, cherche maintenant à contester le droit souverain du Guyana d’utiliser et de développer les ressources contenues dans le territoire et les zones maritimes qui appartiennent légalement au Guyana.
Sur cette base, le Guyana rejette respectueusement les protestations du Venezuela et rejette également l’idée selon laquelle toute partie de son espace maritime ou de son plateau continental appartient à la République bolivarienne du Venezuela.
Le Guyana rappelle que l’Accord de Genève de 1966 régit le règlement de la controverse née de l’affirmation du Venezuela, formulée pour la première fois en 1962, selon laquelle la sentence arbitrale de 1899, qui a fixé la frontière terrestre entre la Guyane britannique et le Venezuela, était nulle et non avenue. Cet accord n’impose aucune obligation au Guyana de s’abstenir de toute activité de développement économique sur une quelconque partie de son territoire ou dans les zones maritimes qui lui sont rattachées.
Par ailleurs, l’affirmation du Venezuela selon laquelle il ne reconnaîtra pas les concessions, licences ou activités autorisées par le Guyana dans son domaine maritime est totalement dénuée d’effet juridique. En vertu du droit international, aucun État ne peut s’arroger le pouvoir d’invalider les décisions souveraines légales d’un autre État sur son propre territoire ou dans ses zones maritimes. Les déclarations du Venezuela représentent donc une tentative injustifiée d’interférer avec le droit souverain du Guyana de poursuivre son développement économique et de gérer ses ressources naturelles pour le bénéfice de sa population.
Le ministère appelle donc le gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela à s’abstenir de publier des déclarations incendiaires et trompeuses qui cherchent à porter atteinte aux droits souverains du Guyana ou à décourager l’activité économique légitime dans le domaine maritime du Guyana.
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