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Le ministère des Affaires étrangères de la République coopérative du Guyana souhaite exprimer la grave préoccupation du Guyana concernant les récentes actions et déclarations du gouvernement du Venezuela, qui constituent des violations flagrantes de l'accord d'Argyle du 14 décembre 2023 et de l'ordonnance contraignante du Cour internationale de Justice (CIJ) rendue le 1er décembre 2023.

Violation de l'accord d'Argyle

L'Accord d'Argyle, signé en présence d'interlocuteurs régionaux et internationaux, engage sans équivoque la Guyane et le Venezuela à s'abstenir de toute escalade de tout conflit ou désaccord découlant de la controverse territoriale entre les deux États. Cela implique de s’abstenir de toute action susceptible d’aggraver les tensions ou de modifier la situation actuelle dans le territoire contesté, en attendant une résolution conforme au droit international.

Cependant, l’annonce du président Nicolás Maduro, le 7 janvier 2025, concernant l’élection d’un « gouverneur de Guayana Esequiba » par « le peuple de Guayana Esequiba » constitue une violation directe de ces engagements. Cette action unilatérale ne respecte pas l’esprit de l’Accord d’Argyle, sape le cadre convenu pour le dialogue et la coexistence pacifique et exacerbe considérablement les tensions entre nos nations.

Les habitants de la région d'Essequibo en Guyane sont des ressortissants guyanais qui vivent sur le territoire souverain du Guyana. Ce serait une violation flagrante des principes les plus fondamentaux du droit international, inscrits dans la Charte des Nations Unies, que le Venezuela tente d'organiser des élections sur le territoire guyanais avec la participation de ressortissants guyaniens.

Violation de l'ordonnance de la CIJ

La CIJ, dans son ordonnance du 1er décembre 2023, a ordonné au Venezuela de s'abstenir de toute action susceptible de modifier la situation qui prévaut dans le territoire contesté, actuellement administré par la Guyane. L'ordonnance souligne également que les deux États doivent éviter toute action susceptible d'aggraver ou d'étendre le différend ou de le rendre plus difficile à résoudre.

La déclaration du président Maduro, associée à toute action visant à intégrer la région d'Essequibo dans le cadre administratif du Venezuela, y compris en appelant à l'élection « par le peuple de Guayana Esequiba » d'un gouverneur de « Guayana Esequiba », représente un mépris flagrant pour cette ordonnance contraignante. De telles actions mettent non seulement en péril le processus judiciaire, mais sapent également l’autorité de la CIJ en tant que principal organe judiciaire des Nations Unies.

La Guyane se réserve le droit de demander à la Cour des mesures provisoires supplémentaires dans le cas où le Venezuela prendrait des mesures pour organiser ses soi-disant « élections » sur le territoire guyanais ou impliquant des ressortissants guyanais.

Position et attentes de la Guyane

La Guyane rejette catégoriquement les revendications du Venezuela sur la région d'Essequibo et réitère son plein engagement envers le processus de la CIJ, tel que mandaté par le Secrétaire général des Nations Unies sous l'égide de Genève.

Accord de 1966. Le Guyana exhorte le Venezuela à cesser immédiatement toutes les actions qui contreviennent à l'Accord d'Argyle et à l'ordonnance de la CIJ et à réaffirmer son engagement envers les principes du droit international et du règlement pacifique des différends qu'il a acceptés à Argyle.

Le Guyana reste prêt à engager un dialogue constructif dans le cadre des cadres convenus, mais il ne peut cautionner ou accepter des actions unilatérales qui menacent sa souveraineté et son intégrité territoriale.

Le Ministère des Affaires étrangères de la République coopérative du Guyana demande au Gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela l'assurance qu'il respectera ses obligations internationales et s'abstiendra de toute autre action susceptible de compromettre la résolution pacifique de cette controverse de longue date. Conformément au droit international.

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