La mission d’observation du Commonwealth qui était en Guyane pour les élections générales et régionales du 1er septembre 2025 n’a trouvé aucune preuve pour étayer les affirmations de l’opposition selon lesquelles une liste électorale « gonflée » aurait été utilisée pour manipuler le résultat du scrutin.

Dans son rapport final sur le processus électoral, la mission d’observation du Commonwealth, abordant l’un des récits les plus persistants soulevés tout au long du cycle électoral par les partis d’opposition, les observateurs ont déclaré sans équivoque qu’aucune preuve n’a émergé suggérant que la taille de la liste électorale officielle (OLE) a été exploitée à des fins de manipulation électorale.

« Aucune preuve de l’utilisation de l’inflation des listes électorales à des fins de manipulation électorale n’a été étayée à ce jour », conclut le rapport.

L’OLE a fait l’objet d’intenses spéculations avant et pendant les élections, avec des affirmations répétées de l’opposition selon lesquelles la liste était « gonflée ». Au moment du scrutin, l’OLE comptait 757 690 électeurs inscrits, contre une estimation démographique d’environ 826 353 personnes basée sur les projections démographiques des Nations Unies (ONU). La mission du Commonwealth a noté que même si la comparaison numérique soulevait des questions parmi les parties prenantes, les raisons de l’inadéquation n’étaient pas toujours largement comprises, contribuant ainsi à la désinformation et à la méfiance.

Les observateurs ont expliqué que de multiples facteurs structurels et juridiques expliquent l’écart entre les estimations démographiques et la liste électorale.

Selon la législation actuelle, les Guyanais vivant à l’étranger restent sur la liste électorale, même s’il n’existe aucune disposition légale pour le vote de la diaspora. Des décisions de justice ont en outre restreint la possibilité pour la Commission électorale guyanienne (GECOM) de radier des électeurs de la liste uniquement sur la base de la non-résidence, préservant ainsi les noms des citoyens étrangers sur l’OLE.

« Ces garanties juridiques limitent la mesure dans laquelle GECOM peut supprimer des noms de la liste par d’autres voies », indique le rapport. Les observateurs du Commonwealth ont confirmé que les registres du Registre des naissances et des décès ont été partagés avec le GECOM, permettant ainsi la suppression des personnes décédées de la liste électorale. Ils ont toutefois noté que les mécanismes supplémentaires restent incomplets. Bien qu’il existe une législation autorisant l’utilisation des rapports de décès du commissaire de police et du médecin-chef pour identifier les électeurs décédés, le cadre opérationnel permettant d’activer ce processus n’a pas encore été finalisé. En conséquence, la capacité de la Commission à affiner davantage la liste reste juridiquement limitée.

Pour l’avenir, le groupe d’observateurs du Commonwealth a recommandé de réexaminer l’enregistrement et la vérification biométrique des électeurs au début du prochain cycle électoral.

L’article 9(1) de la loi sur l’enregistrement national autorise déjà GECOM à mettre en œuvre l’enregistrement biométrique, tandis que la loi sur la protection des données de 2023 prévoit des garanties pour le traitement des données personnelles. Toutefois, les observateurs ont averti que la capacité institutionnelle et l’infrastructure de gouvernance des données ne sont peut-être pas encore suffisamment solides. Lors de la préparation des élections de 2025, le GECOM a reconnu les avantages de la vérification biométrique mais a cité les obstacles législatifs, techniques et administratifs qui ont empêché sa mise en œuvre. « GECOM a indiqué qu’il étudierait la faisabilité de lancer l’enregistrement biométrique des électeurs au cours de la période post-électorale », indique le rapport. Les observateurs ont souligné que toute évolution vers la biométrie doit impliquer une réforme juridique inclusive et transparente, avec une attention particulière accordée aux personnes handicapées et aux autres groupes vulnérables.


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