La Guyane devrait rester l’économie à la croissance la plus rapide des Caraïbes et l’une des plus performantes au monde, avec son produit intérieur brut (PIB) qui devrait augmenter de 15,2 pour cent en 2025 et de 24 pour cent supplémentaires en 2026, selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC).

Les projections, contenues dans l’Aperçu préliminaire des économies de l’Amérique latine et des Caraïbes, 2025, de la CEPALC, soulignent la surperformance économique continue du Guyana à un moment où une grande partie de la région reste coincée dans un cycle de croissance faible et inégale.

La CEPALC estime que même si les Caraïbes dans leur ensemble connaîtront une croissance de 5,5 pour cent en 2025 et de 8,2 pour cent en 2026, ces chiffres sont essentiellement tirés par l’expansion du Guyana. Si l’on exclut la Guyane, la croissance dans les Caraïbes ralentit fortement, à 1,9 pour cent en 2025 et à 1,8 pour cent en 2026, mettant en évidence de fortes disparités au sein de la sous-région.

« Les économies émergentes et en développement ont obtenu de bons résultats… En 2025, le déficit du compte courant en Amérique latine et dans les Caraïbes se stabilisera à environ 1,6 pour cent du PIB (environ 105 milliards de dollars), mais il y aura des différences marquées entre les sous-régions. Ces résultats régionaux découlent d’une combinaison de facteurs internationaux et nationaux », indique le rapport.

« Les Caraïbes, à l’exclusion de la Guyane, devraient connaître une croissance de 1,8 pour cent en 2026, à un rythme légèrement plus lent qu’en 2025. L’expansion économique est soumise aux tendances du tourisme et de la construction dans la sous-région, qui est très vulnérable compte tenu de sa dépendance à l’égard de l’énergie importée, de ses coûts de transport élevés et de son exposition aux catastrophes naturelles », indique le résumé du rapport.

Les taux de croissance projetés pour le Guyana contrastent fortement avec la situation régionale plus large. L’Amérique latine et les Caraïbes devraient connaître une croissance de seulement 2,4 pour cent en 2025 et de 2,3 pour cent en 2026, marquant une quatrième année consécutive de croissance proche de la barre des 2 pour cent, une tendance que la CEPALC qualifie de « piège de faible croissance ».

Dans les Caraïbes, la plupart des économies devraient afficher une croissance modeste à un chiffre, limitée par les coûts d’importation élevés, la vulnérabilité aux chocs climatiques et la dépendance au tourisme et à la construction. Trinité-et-Tobago, par exemple, devrait connaître une croissance de 1,3 pour cent en 2025 et de 0,9 pour cent en 2026, tandis que l’économie de la Jamaïque devrait croître de 1,5 pour cent en 2025 et de 1,4 pour cent en 2026.

Dans ce contexte, la croissance soutenue à deux chiffres du Guyana continue de remodeler les moyennes régionales et de renforcer son rôle de principale exception économique dans les Caraïbes.

La CEPALC prévient que les perspectives économiques des Caraïbes, à l’exclusion de la Guyane, restent fragiles. Le rapport note que les performances touristiques plus faibles, les coûts de financement externes élevés et l’exposition aux catastrophes naturelles ont contribué à une détérioration des soldes des comptes courants dans plusieurs économies des Caraïbes.

Les niveaux de dette publique, bien qu’en baisse dans certains pays, restent élevés dans d’autres, limitant l’espace budgétaire et la capacité des gouvernements à répondre aux chocs extérieurs. La dette publique des Caraïbes s’élevait à 68 pour cent du PIB à la mi-2025, plusieurs pays dépassant encore les 80 pour cent.

La croissance dans la sous-région hors Guyane devrait être principalement tirée par les services, en particulier le tourisme, tandis que l’investissement reste limité par l’incertitude mondiale et les coûts d’emprunt élevés.

Pour l’avenir, la CEPALC prévient que l’incertitude économique mondiale, le ralentissement de la croissance chez les principaux partenaires commerciaux et la volatilité des conditions financières continuent de présenter des risques pour les Caraïbes et l’Amérique latine dans leur ensemble. Même si l’inflation s’est atténuée, permettant une politique monétaire moins restrictive, la faible croissance de la productivité et les investissements limités menacent les perspectives économiques à long terme.

Selon le rapport, pour le Guyana, le défi consistera à gérer durablement une croissance rapide tout en évitant les vulnérabilités structurelles qui continuent de freiner une grande partie de la région. Pour l’ensemble des Caraïbes, le rapport souligne l’urgence d’une diversification économique, de cadres fiscaux plus solides et d’une plus grande coopération régionale pour sortir d’une faible croissance prolongée.


Découvrez-en davantage sur INews Guyane

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles envoyés à votre adresse e-mail.

Tapez votre email…








A lire également