La ministre française de l’Europe et des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a exhorté le Venezuela à s’abstenir de toute action unilatérale et a réitéré l’attachement de la France au principe du règlement pacifique des différends, y compris le recours à la Cour internationale de Justice.

Mardi, le président Irfaan Ali s’est entretenu avec Colonna des récents développements de la controverse frontalière entre le Venezuela et la Guyane.

Un message publié sur la page des réseaux sociaux du président Ali indiquait que Colonna avait évoqué la position de la France selon laquelle la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Guyane devaient être respectées conformément aux principes de la Charte des Nations Unies.

Le président Ali devrait rencontrer jeudi le président vénézuélien Nicolás Maduro à Saint-Vincent-et-les Grenadines.

Selon Ali, toutes les parties prenantes ont été consultées avant que l’offre de rencontrer Maduro ne soit acceptée, ajoutant que l’une des conditions d’acceptation était que l’affaire frontalière devant la Cour internationale de Justice (CIJ) ne soit pas négociable.

L’éminent diplomate Sir Shridath Ramphal a clairement indiqué qu’il ne fallait pas encourager de fausses attentes avant les pourparlers entre les deux dirigeants.

Dans une missive lundi, il a souligné que ces pourparlers pourraient grandement contribuer à préserver la paix régionale.

Ramphal a salué le rôle joué par la Caricom dans l’organisation des pourparlers et a noté qu’une fois approchés de bonne foi par Maduro lui-même, la paix et la sécurité régionales seraient alors maintenues.

Dans le même temps, Ramphal a souligné qu’il ne fallait pas encourager de fausses attentes, notamment du côté vénézuélien. Il a souligné qu’il ne fallait pas discuter de la controverse vénézuélienne sur la région d’Essequibo, actuellement en instance devant la CIJ.

Ramphal a rappelé que le président Ali n’avait accepté les discussions que dans le cadre d’un « dialogue approprié » avec Maduro.

Le diplomate de haut rang, qui est co-agent du Guyana dans l’affaire portée devant la CIJ, a en outre exhorté les Guyanais à soutenir les efforts du président Ali pour assurer la paix.

Au cours du week-end, la décision de tenir des pourparlers entre les deux pays a été prise à la suite d’une réunion d’urgence des chefs de gouvernement de la Caricom. Les présidents Ali et Maduro se rencontreront jeudi à Saint-Vincent-et-les Grenadines, mais le dirigeant guyanais a déclaré que la frontière terrestre du Guyana n’était pas sujette à discussion puisque l’affaire frontalière était portée devant la Cour mondiale.

Le chef de l’État guyanais a donné son accord à la réunion après avoir été contacté par les dirigeants de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) ; la Communauté des Caraïbes (Caricom) et le Secrétaire général adjoint des Nations Unies.

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva et le Premier ministre de Saint-Vincent-et-les Grenadines, le Dr Ralph Gonsalves, ont joué un rôle clé dans cette décision, puisqu’ils ont écrit une lettre aux présidents Ali et Maduro.

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